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15 mai 2007
Après Orange Mécanique, Elephant
La froideur et le détachement de la réalisation de Gus Van Sant pour Elephant sont saisissants. Lorsque j’ai regardé hier soir ce film sur arte, j’ai tout d’abord été marqué par les plans des couloirs du Lycée, couloirs immenses trop propres et tout compte fait inhumains. Ensuite il y avait la bande son : sourde, étouffée qui faisait des dialogues distants. Et surtout, il y avait l’histoire ou l’absence de celle-ci : que du banal. Tout était fait en ce début de film pour transformer, cette fiction en documentaire. Le spectateur reste observateur. Même quand le drame se joue et la violence se déchaîne, Gus Van Sant conserve cette froideur, cette observation, cette dissection, qui jamais ne juge ou interprète. Il laisse tout ce travail aux spectateurs, tant cette boucherie gratuite est inconcevable inimaginable.
Et puis la télévision éteinte, les scènes de Orange mécanique, du grand Stanley Kubrick, me sont revenues. Ce maître avait déjà abordé à sa façon et avec le style de l’époque, ce thème de la violence. Orange Mécanique était plus vaste, plus engagé, plus novateur, plus créatif que Elephant. Mais il est frappant de voir les points communs que peuvent avoir les deux films. Et je suis sur en cherchant bien qu’on en trouverait plus. Il y a bien évidemment le thème : la violence et la jeunesse. Il y a également je crois la façon de filmer les couloirs.
Et finalement, à presque quarante ans d’écart, je crois que Elephant est plus inquiétant que Orange Mécanique sur les constats que portent ces films sur nos sociétés. Dans Orange Mécanique, le spectateur pouvait encore dire : farfelu, loufoque, stupide. Avec Elephant ce n’est pas possible.
23:00 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elephant, orange mécanique, clockwork orange









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