05 novembre 2007
Kubrick : un maître
Tout d’abord, je ne fais pas dans l’originalité, Mister Quef encore vif a dégainé avant moi. Mais je tenais à signaler le cycle Kubrick entamé Jeudi par Arte, avec Full Metal Jacket : balle chemisée métal. Kubrick revisite ici le film de guerre façon théâtre en III actes, s’achevant tous dans le sang et la pénombre humaine. Premier acte : l’instruction des soldats, ou l’art et la manière de fabriquer des machines à tuer ou à se tuer ! Second acte : la guerre comme tous ceux de l’arrière la voient ou l’ont vu par images interposées. Avec une scène anticipant le débarquement de 1992 des soldats américains sur les plages de Mogadiscio, où l’important est l’emplacement des caméras. Et enfin troisième acte, la sale guerre de soldats, copains, qui se battent pour survivre, en meute. Et où la part d’humanité restante se matérialise dans le choix du soldat « Guignol » d’achever « une jeune soldate viet » mortellement blessée.
Kubrick n’a pas revisité que le style guerrier. Amateur inconditionnel de ce réalisateur, je vous invite fortement à regarder ce soir : Barrry Lindon. Film d’un esthétisme fabuleux où la finesse côtoie la plus vile bassesse. Je n’ai vu ce film qu’une seule fois, il y a 18 ans. Il m’a laissé un souvenir impérissable. Il y aura bien sur également à ne pas manquer : Les sentiers de la Gloire, 2001 l'odysée de l'espace, Le docteur Folamour, Orange Mécanique qui m’a déjà inspiré sur ce blog. Kubrick a rarement raté ses films et c’est un euphémisme. J’ai donc hâte de regarder ceux que je ne connais pas : L’Ultima Razzia et Lolita.
Image Wikipédia.
18:45 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : kubrick
15 mai 2007
Après Orange Mécanique, Elephant
La froideur et le détachement de la réalisation de Gus Van Sant pour Elephant sont saisissants. Lorsque j’ai regardé hier soir ce film sur arte, j’ai tout d’abord été marqué par les plans des couloirs du Lycée, couloirs immenses trop propres et tout compte fait inhumains. Ensuite il y avait la bande son : sourde, étouffée qui faisait des dialogues distants. Et surtout, il y avait l’histoire ou l’absence de celle-ci : que du banal. Tout était fait en ce début de film pour transformer, cette fiction en documentaire. Le spectateur reste observateur. Même quand le drame se joue et la violence se déchaîne, Gus Van Sant conserve cette froideur, cette observation, cette dissection, qui jamais ne juge ou interprète. Il laisse tout ce travail aux spectateurs, tant cette boucherie gratuite est inconcevable inimaginable.
Et puis la télévision éteinte, les scènes de Orange mécanique, du grand Stanley Kubrick, me sont revenues. Ce maître avait déjà abordé à sa façon et avec le style de l’époque, ce thème de la violence. Orange Mécanique était plus vaste, plus engagé, plus novateur, plus créatif que Elephant. Mais il est frappant de voir les points communs que peuvent avoir les deux films. Et je suis sur en cherchant bien qu’on en trouverait plus. Il y a bien évidemment le thème : la violence et la jeunesse. Il y a également je crois la façon de filmer les couloirs.
Et finalement, à presque quarante ans d’écart, je crois que Elephant est plus inquiétant que Orange Mécanique sur les constats que portent ces films sur nos sociétés. Dans Orange Mécanique, le spectateur pouvait encore dire : farfelu, loufoque, stupide. Avec Elephant ce n’est pas possible.
23:00 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : elephant, orange mécanique, clockwork orange
28 janvier 2007
Vite fait, mal fait
L’adaptation d’un livre à l’écran est un exercice difficile, et beaucoup de réalisateurs s’y sont cassées les dents. Regis Wargnier en adaptant, l’excellent polar de Fred Vargas « pars vite et reviens tard », a, il me semble, fait vite et mal.
J’ai lu le livre de Vargas, il y a deux ans, et je me souviens de l’intrigue, bien évidemment, mais également de l’ambiance autour de cette place parisienne, de cette pension, de ce crieur et des autres personnages. L’auteur décrivait par petites touches, surtout au début du livre, les personnalités, toutes troubles. Coté policier, l’auteur s’attache affectueusement à son commissaire de héros : Amdamsberg, qui se retrouve plongé dans l’Histoire de la Peste. Son second Danglard occupe également une position importante et pittoresque. Toute cette ambiance soutenait, préparait amenait l’intrigue policière originale par l’arme du crime : La Mort Noire.
Le film lui va au plus vite, négligeant l’ambiance. Il faut aller dans l’intrigue rapidement et donc toute l’atmosphère, passe à la trappe. Pourquoi pas ! Mais une fois l’action lancée, là encore, on tombe dans le simplisme, en s’attachant à filmer la psychose des rues parisiennes. Et enfin, il n’y a rien de la lente enquête, réflexion, maturation de Adamsberg. Là encore, la vitesse l’emporte, à l’image de l’action pour attraper un coupable.
Heureusement, José Garcia tient le film à lui seul. Cet acteur est bon et de plus en plus surprenant. Il est les comme les vins de garde.
Je vous conseille donc, si vous n’avez pas lu le livre de Vargas, de le lire. Quant au film, si vous voulez un divertissement, allez le voir. Sinon attendez qu’il passe sur TF1.
Photo: Gaumont Columbia Tristar Films
11:35 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : "pars vite et reviens tard", garcia, vargas
13 décembre 2006
Les rats
Il y a dix jours maintenant, j ai été voir Les Infiltrés de Martin Scorsese. Film racontant l’itinéraire de deux jeunes flics irlandais : Matt Damon et Leonardo DiCaprio, depuis leur enfance, leur école de police, jusqu’à la traque du principal parrain de Boston : Jack Nicholson.
Scénario à priori simple et limpide, seulement Scorsese pimente fortement celui
-ci. Il se focalise sur les rats. Nom donné au infiltrés flic dans le milieu. Et là tout dérape tout se mélange, tout se brouille. On ne sait plus trop qui est flic, truand ou rat. Scorsese y ajoute une ambiance, proche des Parrains. Cela donne un excellent film un peu sanglant, mais bon, ceux ne sont pas des anges.
Ce qui reste à la sortie de ce film : le gris sombre, proche du noir, où se débattent deux individus. Je m’explique. Dans l’imagerie collective, surtout américaine, on considère les policiers comme de blancs chevaliers et les truands comme de sombres méchants. Les Infiltrés montre une toute autre réalité sans réelle démarcation, faite de rats.
Je conseille donc ce film où il ne faut pas oublier de signaler les acteurs tous excellents, avec un Nicholson complètement frappé !
Photos : @TFM distribution
22:55 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : infiltrés, nicholson
29 octobre 2006
Bamako: l'abandon?
Hier soir, cinéma avec Bamako à l’affiche. Et depuis, je reste indécis, partagé, dubitatif. Ai-je aimé ce film ? Et bien je ne sais toujours pas, tant ce film est déroutant par sa forme mais avec de sublimes images.
Bamako, présente un procès fictif de la banque mondiale et du FMI accusés par la société civile africaine de cyniquement étrangler le Sud au profit du Nord. Ce procès se déroule dans une cour d’habitations d’un quartier de Bamako, où la vie continue pendant ce temps.
La solitude, l’abandon, le désespoir sont partout dans ce film. Dans le couple qui se déchire et traverse ce procès sans réellement le voir tant il est dépassé par l’enjeu. La solitude de ce procès en dehors du monde, retirer qu’il est dans cette cour. Et puis notre solitude fasse à ce filme qui nous laisse, par ça forme, perpétuel spectateur, sans nous donner le droit de s’identifier. Mais il est vrai que je suis français et donc appartenant au Nord. Et c’est la grande force de film : nous montrer, nous expliquer et nous dire, à nous européens, que nous sommes spectateurs face aux malheurs de cette Afrique aux mains de quelques décideurs tel Paul Wolfowitz président de la banque mondiale.![]()
Finalement je pense savoir maintenant. Ce film ne se laisse pas facilement dompter mais il est bouleversant et beau avec ses actrices sublimes et omniprésentes, ses images magnifiques. Félicitation Monsieur Sissako.
Photos: Abderrahmane Sissako et Haïssa Maïga © les films du losange
18:15 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : bamako, sissako







